Le repas de Noël

par | 29 Nov 2019 | Dans les moments de partage | 0 commentaires

“Noël n’est ni un jour, ni une saison. C’est un état d’esprit?”

Si l’on peut effectivement revoir sa façon de décorer son foyer, sa manière de gâter les plus jeunes… et les vieux ou même tenter de prendre conscience de l’aspect dévastateur de cette période sur notre planète, il est un sujet des plus sensibles que celui du repas!

“On va pas en plus me piquer ma dinde!?!”, risque de s’offusquer tonton Jeannot si on lui parle alternative gastronomique. Et pourtant, c’est bien ce que nous allons faire aujourd’hui, au risque de froisser l’aïeul… ou pas.

Le but n’est pas de se priver. Il est de consommer intelligemment.

Évitons le gaspillage.

Alors bien sûr, “si on ne se fait pas plaisir à noël, quand le ferons-nous?” me direz-vous. La question ne se pose même pas. Je ne suis pas une machine. Et tout comme vous, j’aime sentir mes papilles danser dans ma bouche sous un repas à faire saliver quiconque. Toquée que je suis (et oui… un de mes nombreux défauts), j’ai aussi besoin (pas vital, mais quand même) d’avoir un joli décor à table pour recevoir mes invités. Mais pas à n’importe quel prix. Pas de sacrifice de conscience ou de valeur. Enfin en tout cas, on limite les dégâts.


Du coup, sur ma table, on ne retrouve pas d’objets à usage unique. Il n’y a pas de serviette en papier, paille en plastique, cure-dents en bois ou rince-doigts sous forme de lingette imbibée d’alcool odeur citron. Ne sont également pas admis les verrines en plastique, chemins de table en papier épais, bouteilles d’eau en plastique, centres de table en bonhomme de neige plastique et confettis dorés ou rouges en forme de cadeau ou de Père-Noël. Non rien de tout ça. Le but, vous l’aurez compris, c’est de pallier le plus possible à la hausse de l’empreinte carbone que génère la fabrication et le recyclage de toute cette période de surconsommation que représente Noël (cf. l’article nommé Noël en chiffres publié début décembre).


De ce fait, si l’on a le bonheur de se voir un jour en cette occasion, ne sait-on jamais, vous pourrez découvrir sur ma table des serviettes en tissu en harmonie avec le chemin de table et la nappe de la même matière, des pailles en inox (si elles sont nécessaires, notamment pour les plus petits), des petits pics en métal (si nous servons des olives ou que nous nous attaquons à des bulots). Des minis bols remplis d’eau et des rondelles de citron serons disponibles pour que les petites mimines ne sentent pas trop la mort après avoir dégusté les petits mollusques. Des verrines en verre (bah oui d’où le nom, sinon on aurait appelé ça des plastiquines…) seront proposées. L’eau du robinet sera placée dans une jolie bouteille en verre recyclé. En guise de décoration, il y aura des plantes en pot offrables à la fin de la soirée (bim un cadeau de plus). Des plantes aromatiques serviront à faire la tisane. Des petits biscuits aux formes noelliques seront posés sur la nappe pour remplacer ces s***peries de confetti qui eux, finissent souvent sous le canapé et refont surface pendant un mois chacun à leur tour. Sûrement leur ultime moment de gloire…


Enfin, pour éviter le gâchis dans l’assiette, je compte 3 verrines en apéritif de la taille d’un verre à liqueur, accompagnées de 6 petits fours. Pour l’entrée, elle ne doit pas dépasser 200g. Bah oui les gars, c’est le principe de l’entrée. Quant au plat, tout dépend de ce qui a été servi avant, de la longueur du repas et de la faim de chaque convive. En règle général, le petit bout de chou de 8 ans ne mange pas la même quantité et n’attend pas si longtemps que l’adulte bien portant. Il n’existe donc qu’une logique implacable : ne servez pas à l’assiette. C’est un repas de fête, mais surtout de famille. Alors placez le plat au milieu et servez en fonction de la demande du convive. Mieux vaut resservir que jeter.


Les repas alternatifs.


Comment imaginer se séparer (oui, oui, certain·e·s vivent ça comme un divorce!) des canapés aux œufs de lampe, du tarama, des saucisses cocktail et autres boudins apéritifs, du saumon, des huîtres, du foie gras, de la dinde, du coq au vin, du gibier et de la bûche à base de crème laitière? Impensable? On l’a pourtant fait… Et c’est délicieux! Deux stratégies s’offrent à vous: imposez votre style tout de suite pour laisser vos invités bouche bée ou y aller progressivement, ingrédient far par ingrédient far si vous ne vous sentez pas d’assumer pleinement cette démarche. Mais alors par quoi et surtout pourquoi on remplace?


Si Noël est une fête pour la plupart d’entre nous, elle est la période la plus meurtrière en France pour nos amis les bêtes (drôle de façon de traiter ses amis, vous ne trouvez pas?). Les chiffres parlent d’eux-mêmes (cf. l’article nommé Noël en chiffres publié début décembre). Outre les conditions dans lesquelles se retrouvent ces animaux (confinement, gavages, insalubrité même pour le “bio”, arrachement prématuré à la mère pour l’agneau ou le veau, etc…), c’est une planète tout entière qui se retrouve sur le banc des victimes, tandis que nous assoiffés de luxure, démesurés et irresponsables que nous sommes, nous laissons le banc des accusés vide, sans aucune forme de culpabilité que ce soit. Et pour cause, nous pensons qu’il n’y a personne au-dessus de nous. Alors nous appauvrissons les océans avec notre surconsommation de mollusques. Nous abîmons les terres pour pouvoir stocker toujours plus et plus vite. Nous polluons en important des produits venus de l’étranger, car nous ne répondons plus à la demande (comme le tristement célèbre foie gras de Bulgarie) et on trait 4,5 fois plus de vache pour obtenir le lait tant convoité servant à la création de bûche. Et si pour une fois on changeait ça?


Tout d’abord, sachez que Pinterest, Marmiton, 1001 recettes ou encore les blogs de cuisine alternative sont vos meilleurs ami·e·s. Un puits de science sans fond.

Voici déjà quelques idées. Concernant les apéritifs, les tartinades telles que le houmous, le guacamole ou encore les tapenades feront leur effet. Il en existe une multitude vous permettant de varier les plaisirs gustatifs et visuels. Les légumes crus, les toasts de pain ou les fruits secs (je vous promets que c’est délicieux!) feront d’excellents supports. Pour l’entrée, je vous recommande une recette simple , efficace et maison : un velouté de potiron et châtaignes accompagné de champignons (c’est la saison) et de morceau de potimarron. C’est siiii bon! Pour le plat, on continue avec de belles purées d’hiver aux vieux légumes comme le topinambour ou la courge butternut. Pour ceux qui ont besoin de mâche, on alterne avec des légumes croquants comme les carottes, les blettes ou encore les pommes de terre. À cela, n’hésitez pas à rajouter des féculents visuels comme du quinoa rouge, du riz noir ou bien des mogettes. On ne se prive pas. On consomme mieux! Si tel est votre souhait, mangez du fromage, mais tentez au moins de le prendre local et de le marier avec une petite salade verte et des petits fruits secs. Cela évitera d’en acheter tout un plateau. Enfin pour la fameuse bûche, il n’est pas question de s’en passer. Par contre, il s’en fait de magnifiques en vegan; c’est à dire sans produits d’origine animale sous quelque forme que ce soit. Remplacez la gélatine et les œufs par l’agar-agar. Favorisez les laits végétaux comme le lait d’amandes ou de soja pour des bases neutres et crèmes végétales telles que celles de coco ou de noisettes pour un apport gustatif supplémentaire.


En espérant vous avoir apporté un petit pas dans votre réflexion et qui sait votre démarche du zéro. Surtout, pas de pression, car n’oubliez pas: “seul-e, on va plus vite. Ensemble, on va plus loin.”

Passez de bonnes fêtes les petits pas.

Juju

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